Myanmar The Smiling Land


mercredi 31 mars 2010

Nyaung Shwe; vendredi 13 novembre 2009


Un autre espace de bonheur nous attend. Lors de notre premier séjour en 2003, nous avions sympathisé avec une jeune fille de 15 ans, Phyu Phyu. Elle est aujourd'hui la maman de Kaun Htoo Zaw, un adorable bambin âgé de 17 mois. Elle n'est pas informée de notre arrivée et nos retrouvailles en sont encore plus fortes. Sa petite soeur pousse une exclamation de joie à notre vue, nous fait entrer dans la maison et s'en va chercher Phyu Phyu. Nous nous installons avec la famille et prenons des nouvelles.
La maman de Phyu Phyu est atteinte de cécité. Les espoirs de guérison se sont envolés durant notre absence! Le papa s'enfonce dans son alcoolisme et devient un fardeau douloureux. Le mari de Phyu Phyu s'est esquivé à la naissance de leur enfant. Il ne se présente qu'une fois par mois pour jouer avec le bébé. Et lui faire l'amour. Il n'amène pas le moindre kyat.
La famille dépend totalement des revenus aléatoires de Phyu Phyu et de son frère aîné. Notre amie travaille dans une boutique où son salaire est basé sur ses ventes. Elle gagne ainsi entre 500 et 800 Ks par jour.
Nous allons nous balader dans les villages environnants. De nature enthousiaste et généreuse, ayant un contact facile, elle connaît beaucoup de monde et nous procure de chouettes rencontres. Phyu Phyu travaille également comme guide, conduisant les touristes dans les villages et sur le lac Inle. Mais les revenus sont faibles. Souvent, nous raconte-t-elle, les étrangers refusent de la payer, ne lui offrant que le repas de midi.
Choqués et honteux du comportement de certains de nos compatriotes, nous lui expliquons qu'une tasse de café à Genève coûte 3.50 francs. Environ 3500 Ks. Ce qui nous semble un salaire correct à exiger pour une journée de travail.
Le soir, nous mangeons avec la famille: riz, soupe, poulet au curry, légumes aux cacahuètes, soya et tomates. Le papa est saoul. Un de ses fils le conduit hors de la maison. Phyu Phyu se met à pleurer, au bout du rouleau. Nous essayons de la consoler.

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